Cette photo de toi petit, m'étourdit
Ce sourire ignorant du temps des "si"
Me relance au temps du "quand je serais grand"
Me chavire et m'arrache à cet indécent présent
Ce présent où tu demeures pour moi un étranger
Où l'on n'est plus l'un pour l'autre qu'un coeur qui palpite en secret...
Encore que le tien reste muet et glisse dans tes sourires
Je veux bien être l'épice qui réchaufferait ton avenir
Mais je suis cette fée au lys blanc qui vole dans tes bosquets
Ne me vois-tu jamais scintiller sur les feuilles orangées?
Suis-je si petite pour que le feu dans tes yeux ne brûle pas?
Je ne suis pas un mythe, je t'en prie dis-moi
Que la moitié de ton âme est vide, vide de moi
Alors je l'emplierai de mon amour candide et roi!
Laisse-moi pénétrer la nature que tu caches sous ton aile
Laisse-moi boire l'air pur qui s'exhale de tes prunelles
Il y a bien longtemps que je t'appelle
Ecoute à la Lune ces voix dans le ciel
Ecoute, elles chuchotent à ton oreille
Elles murmurent ces moments immortalisés dans le cristal de l'oubli
Tu peux le briser à présent et libérer nos esprits
C'est pour ça que je pleure, que je prie chaque soir, assise devant ta photo
Que je meure, que je crie pour nos rêves d'enfant de croire aux fées dans les châteaux
