Etoile Noire
Un air silencieux me traverse
Puis au-delà des sommets la pluie transperce
Les nuages voilent presque indécemment la montagne
Et le ciel pleure délicatement sur la campagne
Le silence ne dure que quelque temps
Le temps qu’un ange passe dans ma tête un instant
C’est là que le ciel commence à sécher ses larmes
Dévoilant d’une caresse la cime des arbres
Dans l’air maintenant volent des notes
Empreintes d’une mélancolie heureuse
De cordes en cordes elles sautent
Dans ses doigts cette mélodie me rend amoureuse
Mais tout ça, toi, tu ne le vois pas
Tu ne l’entends pas, tu ne le ressens même pas
Parce que tu es en cage
Enfermé par la volonté de leur rage
Toi Ingrid Betancourt, toi qui ne compte même plus les jours
Toi la petite fille prisonnière dans la cave de tes voisins
Voulant voler ton innocence pour une mort sans fin
Toi l’homme inutile sereinement assis dans ta sombre prison
Un verre d’eau de verre pilé à la main comme ultime poison
Toi la femme musulmane, voilée des pieds à l’âme
Par un Coran traduit par des hommes sans âmes
Toi la douce indienne perdue dans la loi des castes
Interdite aux rêves d’un monde pourtant si vaste
Toi le jeune camé, l’esprit lié à l’irréalité infinie
Overdosé un soir dans une rue déserte de Miami
Toi Anna, envolée pour ton courage en une seconde
Parce que tu chamboulais leurs vérités sur le monde
Toi la femme soumise par un mari trop possessif
La mère solitaire et incomprise à l’esprit passif
Toi qui as pourtant le pouvoir de fuir
Le choix d’être libre, bannir le pire
Toi le soldat avide de puissance et d’inconscience
Aveuglé par l’Etat, comme un mouton tu penses
Tuer pour l’honneur, mourir pour la gloire
C’est là ton seul rêve, ton seul espoir ?
Où sont nos rêves de liberté ?
Quelle idée a-t-on du respect ?
Dans ce monde qui traîne ses chaînes
Dans ce monde voilé de haine !
Par sorhaygin, Jeudi 8 Mars 2007 à 13:46 GMT+2 dans Textes et Poèmes (article, RSS)




