Eau de feu
J'ai vu sur tes genoux une place
Et dans tes yeux de l'or et des bonbons
Dans tes mains cent mille façons
De m'aimer sans que tu m'effaces
Aujourd'hui je voudrais réinventer sans cesse
Des mots inconnus, des millions de caresses
Des mots perdus, des preuves d'amour
Car mon amour est inépuisable et sourd
Il n'entend pas les conseils imbéciles
Comme quand tu me dis que je t'aime trop fort
Les crises du destin, il les juge inutiles
Il est imprenable et ne craint pas la mort
Mais parfois quand je vois dans tes yeux ce pantin
Dont l'eau de feu tire les filins
Je ne me sens plus à ma place
Ni dans tes bras, ni dans ton coeur
Je reste immobile sur le fil du temps qui passe
En attendant que l'eau de pluie te rende tes vraies couleurs
Assise dans un petit coin de ma mémoire
Pour oublier combien de verres, combien de soirs?
Combien de nerfs craquent dans le noir?
Combien de temps jusqu'au prochain soir?
Car rien ne s'arrête, rien ne s'efface
Comme si tu ne m'entendais pas frapper dans ton miroir
Reflet d'un pantin désarticulé sous l'effet des masses
D'un étranger qui me glace et entre dans mes cauchemars
Il serait vraiment temps de te regarder en face
Mon âme souffre quand tu n'es plus toi
Il se meurt en larmes qui cassent
S'engouffre dans les ténèbres et n'en sort qu'avec "TOI"!
L'eau de feu brûle ton essence
Et verse sur moi tes errances
Je ne peux plus te voir en transe
Sombrer délibérément dans l'inconscience!
Je me sens blessée comme un animal abandonné
Un soir sans Lune ou le Mal m'emporterait
Ce mal qui ronge tes veines, ronge maladivement les miennes
Tout simplement parce que je t'aime, sans jamais jouer les comédiennes
Peut-être suis-je différente de "tout le monde"
Sans doute ne suis-je pas faite pour entrer dans la ronde
Comme je ne peux pas comprendre tes verres de trop
Comme je ne peux plus te voir sur le carreau
Comme je t'ai trop profondément dans la peau
Comme je me sens boulversée ce soir d'attendre ne serait-ce qu'un petit mot
Cette nuit j'ai sombré dans mon pire cauchemar
J'ai cru t'avoir perdu et brisé ton miroir
Mon espoir fondait dans ma poitrine
De plus en plus je perdais racine
Jamais je n'ai été aussi seule, eu aussi froid
Que dans l'ombre asphyxiante de ce soir là...
Par sorhaygin, Lundi 18 Decembre 2006 à 16:49 GMT+2 dans Textes et Poèmes (article, RSS)




