Cristal
Tous les soirs elle songeait à cela, les yeux grands ouverts, (impossible de les fermer) allongée sur son lit le regard fixé au plafond. Elle se torturait à trouver des réponses aux questions pour lesquelles elle savait pertinemment qu’il n’en existait pas. Comme ce soir là... Ce soir là quelque chose d’insondable la frappa. Quelque chose qui sembla répondre à une sensation qui la poursuivait depuis l’aube de sa vie. Une impression d’étrange, un passé de rêves assez singuliers et parfois effrayants.
“C R I S T A L, cristal” !!!
Elle crut alors percevoir un bruit d’éclat de glace puis se retourna précipitamment, le souffle court, pratiquement inexistant : Le miroir en cristal posé sur sa table de nuit était fendu en étoile, comme si une balle était venue le frapper à l’instant. Elle regarda autour d’elle, dans tout les sens ; il n’y avait rien évidemment, ni personne.
"Tu es folle, complètement cinglée", pensa-t-elle.
Elle fixa le miroir cassé et extraordinairement fut foudroyé par une douleur perçante en plein milieu de son crâne. Elle se sentit glisser lentement, se dérober, puis s’affaler mollement sur le plancher de sa chambre, désormais effroyablement calme et silencieuse.
« JE SUIS HORS DE TOI, JE SUIS LIBRE ! »
C’était une voix rauque et résonnante semblable à un ralle dont on pouvait sentir le souffle chaud dans son oreille.
_Le pouvoir du cristal c’est cette merveilleuse fragilité, cette mystérieuse pureté à la fois incandescente et glaciale_
« Qui est là ? Est-ce qu’il y a quelqu’un ?
— Oui, toi.
— Qui dit ça ?
— Mais c’est toi voyons, toi qui viens d’imaginer tout ce qui vient de se passer. JE SUIS HORS DE TOI, mais je fais partie de toi. — … Aaah ! » Elle se mit à hurler, la douleur la poignardait et commençait à l’étouffer. Elle manquait d’air. Alors son poids lui sembla impossible à soutenir et elle s’écroula sur sa couette. Au matin, elle pensa avoir rêvé et en était même persuadée, mais la réalité allait bientôt la rattraper : le miroir était vraiment cassé. "J’ai du le heurter dans mon rêve, ce n’est pas important", se dit-elle.
Mais pas du tout, c’était bien réel.
« Cristal, tu ne dois pas m’oublier.
— Non, non, non, je n’ai rien entendu. » Mais elle savait qu’elle ne dormait pas…
L’envoûtement de l’air de sa chambre disparut, comme volatilisé ; c’est alors qu’elle embraya sa journée, quelque peu perturbée et prit une grande douche froide pour se débarrasser de ses émotions nocturnes et singulières. Elle demeura là, sous la pression agréable de la douche, le visage offert à cette eau glacée, et tranquillement les yeux dans le vague, elle attendait… quelque chose...
Par sorhaygin, Lundi 28 Novembre 2005 à 15:59 GMT+2 dans Divers (article, RSS)




