Croire aux fées

Nos petits mots

De nos jolies petites histoires qu’on revivrait avec hâte,
Il ne reste que les petits mots que je renferme dans une boîte,
Ecrits en philo ou en histoire, en cachette pendant la classe
Il me revient des échos mais la mémoire se lasse.
Moi je refuse d’oublier tes grands yeux de poupées
Le sourire que tu gardais toujours à tes lèvres accroché.
Alors j’conserve tous nos petits mots pour me rappeler un peu de toi
Et même si on s’voit plus trop, qu’on sait même pas pourquoi,
Je te garderai ta place dans mon cœur tant que t’as pas le temps
Comme ces petits mots sur nos traces nous suivront longtemps.
On écrivait dessus nos amours un peu perdus,
Nos vies qui se dérobaient pour des garçons dans la rue.
Mais ceux qui nous ébranlent le plus
Sont ceux que l’on connaît trop bien
Et s’il n’est pas rare qu’en retard j’attrape mon bus
Faut jamais ignorer les petits rien qu’on croise sur le chemin.
On griffonnait aussi des bêtises dont on pleurait de rire ;
Ça faisait quelques fois piquer des crises aux profs qu’on pouvait pas sentir !
Maintenant t’es à la fac et tu étudies le droit.
Tu trouves même plus de moments pour penser un peu à moi
Moi ça me rend patraque et peut-être que j’en ai même plus le droit
Ces petits mots je me demande parfois
S’ils n’exagéraient pas…
Quand ils disaient que l’on s’aimait
Que l’on ne se quitterait jamais,
Quand ils nous rassuraient sur notre destin,
Quand ils nous montraient à qui donner la main.
Les vraies et belles choses sont souvent celles, fragiles, que l’on échappe
En tout cas les miennes sont vraiment trop volatiles et changent de cap.
Je sais très bien pourquoi je ne veux pas grandir.
Grandir, c’est perdre la tête et apprendre à mentir.
Quand on est petit, on ment pour pas se faire gronder,
Ça part d’un bon sentiment et ça prévient les ondées.
Quand on est grand, on ment plutôt pour se faire respecter
Parce qu’on n’est plus si craquant mais faut absolument rester connecté.
Grandir, c’est violer les belles choses du passé
Pour faire de l’avenir des dés pas encore lancés.
Pour m’asservir, on voudrait brûler tous mes petits mots,
Et j’ai envie de hurler même si j’ai le calme d’un gémeau.
Or, on dit qu’il faut pas rester couché en travers des souvenirs.
On dit qu’il faut plus y toucher pour pouvoir rebondir.
Et puis… quand on est loin, on remarque un petit sourire
Qui nous rappelle quelqu’un de ce lointain miroir de cire,
Qu’on avait laisser fondre quelque part pour pouvoir tourner la page
Car fallait pas que s’effondrent les précieux couloirs menant au large.
Et finalement… on n’a pas besoin d’aller si loin,
Pour voir le soleil au petit matin.
Il brille autant de sa fenêtre
Que tout au sommet d’un hêtre.
On se perche là-haut pour trouver quoi ?
Le viaduc de Millau ou un petit pont de bois ?
Tout dépend si on imagine la vie en grand.
La mienne je ne la dessine pas comme un océan
Mais plutôt comme un petit livre blanc
Où les gens que j’aime écrivent souvent,
Et surtout sans faire semblant.
Alors, ensemble et en chœur, nous irons trouver le monde
Et propagerons notre bonheur, par l’envol de quelques ondes.

29 Décembre 2004

TITRE_IMAGE

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 1 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens